Cette famille si parfaite ne se brûle pas les ailes

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Crédits Photo – Unsplash

Je croyais que j’avais une famille parfaite.

C’était sans doute de l’inconscience, ou de la grande naïveté. Ou bien un rêve éveillé.

Je croyais qu’il n’y avait pas de conflits. Je croyais que tout ce que nous vivions était normal, les disputes, les crises, les claquages de porte, les frères et soeurs qui n’arrêtent pas de se chamailler. Les repas qui finissent en Tchernobyl…

Je croyais que ça c’était la normalité.

Je croyais aussi qu’il n’y avait ni tabous, ni cadavres cachés dans notre famille élargie. Dans notre famille tout court. 

Peu à peu j’ai vu qu’il y avait des bouderies, des déceptions, des jalousies, et quelques gros trucs aussi…des vrais sujets d’adultes…des boomerangs que tu essayes de jeter le plus loin possible, et qui te reviennent toujours dans ta tête d’adulte…

Peu à peu j’ai vu que certains ne supportaient pas d’autres, certains en rejetaient d’autres, certains étaient…

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Crédits Photo – Unsplash

Lorsqu’enfants, entre brochettes de cousins, des couronnes de fleurs de trèfles plein les cheveux, nous débarquions dans le salon, où était les « adultes », nous étions aussitôt assénés de « restez dans la cuisine, on parle!« . Nous on n’appelait pas ça parler. Oh, ça chauffait au salon. Le lustre est de travers…Ca ne me donnait pas trop envie de « devenir adulte »…

Enfant, je pensais que tout allait bien. Que nous étions heureux. Il n’y avait ni maladie, ni mort, ni tromperies ni vacheries, ni rien de tout cela. Un vrai monde de bisounours.

Etait-ce ma grande naïveté d’enfant ? Mes parents m’ont élevée dans ce cocon qui m’a valu de pas mal me brûler les ailes en grandissant. Je leur en veux, maintenant, toujours, pour ça. Mon métier m’a formée à être moins naïve. La vie a fait le reste. Pourquoi mes parents ne m’ont-ils jamais appris ces difficultés ? Sans être anxiogène pour ses enfants, on peut enseigner les dures lois de la vie, et ainsi les en préserver un peu, non ? Je ne comprends pas leur stratégie…

Quelle sorte de cocon suis-je en train de construire pour mon fils ? Est-ce que je le surprotège, lorsque je le suis à 10 centimètres 03 du toboggan un poil trop haut pour lui ? Oui, il va tomber et il tombera un jour. Est-ce grave ? Dois-je le laisser faire ? Dois-je lui « apprendre » une quelconque leçon ?

Je l’aime à la folie et ne souhaite pas qu’il se blesse. Mais ma « bienveillance » ou mon amour auront-ils pour conséquence collatérale qu’il se brûlera les ailes un jour ?

Dois-je peu à peu ouvrir son cocon et le confronter à la vie, ou dois-je laisser la vie s’en occuper ? Où mettre le curseur ?

Pour l’instant je n’ai pas la réponse. J’y réfléchis, doucement, et puis j’agirai, un peu, et la vie se chargera malheureusement du reste…

 

 

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20 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. mamanbudette dit :

    Bonjour, je découvre votre blog, vous écrivez très bien! J’ai pr ma part pas du tout était protégée des problèmes d’adultes étant enfant et cela m’a causé de grosses difficultés, des angoisses qui ont nécessité une prise en charge psychologique une fois adulte… Tout ça pour dire qu’il n’y a pas de recette miracle mais je crois que protéger son enfant tout en lui disant les choses parfois, avec des mots simples et sans le stresser, c’est selon moi le mieux. Surtout prendre du recul par rapport à la situation que l’on vit, quand on dit les choses à chaud c’est toujours violent!

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    1. ColombesMum dit :

      Merci beaucoup pour votre commentaire et gentil compliment Maman Budette! Je suis d’accord, le bon équilibre se situé entre les deux: informer mais protéger.

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  2. C’est une bonne question..mais tu sais moi je crois plutôt que c’est en le protégeant et en étant bienveillante que tu lui donneras les armes pour qu’il se défende quand justement il se brulera les ailes ou affrontera des obstacles.
    On ne peut les protéger de tout mais on peut être là pour eux et les accompagner ! Alors juste fais de ton mieux, fais comme tu le ressens ! On peut être bienveillant sans pour autant cacher des choses alors sois toi-même, honnête avec ton enfant et avec toi-même 🙂

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  3. mamanvanille dit :

    Waouh quel beau message d’amour pour ton loulou. Il tombera c’est sur mais je pense que nous créons toutes un cocon pour nos enfants. Tout le monde est beau, tout est parfait. Peut être lui apprendre que faire de son mieux c’est ça être une famille parfaite ! On ne peut tout contrôler mais on ne peut rien regretter quand on fait de son mieux!

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  4. C’est une question difficile. Ton fils se prendra des gadins, c’est certain ! Et ça te fera mal au coeur. Mais il se relèvera, comme tout le monde. N’ayant moi-même pas d’enfants, je ne veux pas me prendre de jets de pierre, mais je m’avancerai quand même à dire une chose à laquelle j’ai beaucoup réfléchi: je crois qu’être parent, c’est une ENORME responsabilité mais c’est aussi avant tout accepter d’avoir peur tout le temps pour un autre que soit. Et de temps à autre, c’est faire un gros travail pour couvrir cette peur, un peu, pour que l’enfant face ses propres expériences – ce qui signifie parfois ses propres erreurs. Il faut trouver un juste milieu, même si je trouve le terme « juste » discriminant car il implique l’idée que les autres sont faux. Trouve ton milieu 🙂 et tout ira bien. Ayant grandi dans une sphère familiale assez chaotique, j’affronte aujourd’hui la vie le sourire aux lèvres car j’estime que le pire est forcément derrière moi – j’aurai aimé parfois être plus « épargnée », mais je crois que ça m’aurait desservie, d’une certaine manière. Je suis très partagée en fait ^^ Chacun fait avec son bagage ! Belle semaine à toi

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    1. ColombesMum dit :

      merci beaucoup pour ton judicieux commentaire Manon, bien que tu n’aies pas d’enfant – en avoir (ou pas) ne présuppose au aucun cas de la qualité de nos réponses 😀 — et tu as tout à fait raison, il faut trouver un équilibre. J’ai souffert d’un manque de communication et d’un bisounoursage, les enfants trop exposés en souffrent aussi, il me faut juste trouver le bon milieu. Et des erreurs (d’autres!) j’en ferai c’est sûr ! Il me reprochera de nouvelles choses par rapport à mes reproches (exprimés ou non) à mes parents, et pareil pour leurs parents… 😀 ainsi va la vie !!

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      1. C’est vrai, j’oublie presque que je n’ai pas à me justifier en permanence (trop de piques envoyées dans les dents à ce sujet ont laissé des traces, je crois !). Comme tu dis, ainsi va la vie, et il faut se dire que, quoi qu’il arrive ou qu’on fasse, on finira forcément par se tranformer en horrible monstre mi relou, mi extraterrestre aux yeux des enfants xD

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      2. ColombesMum dit :

        Chacun ses choix ou ses absences de choix! Donc en effet, pas de justification à avoir. Et d’être maman ne nous donne pas de statut particulier (ou ne devrait pas…). Certes il y a certaines choses que l’on comprend mieux car on les vit de l’intérieur mais à ce rythme personne ne pourrait ne parler de maladie, de décès, de souffrance…sans l’avoir expérimenté?! L’empathie et l’intelligence humaine rendent beaucoup de choses possibles! J’aime bien ton expression mi-relou mi-extraterrestre !! Tu as raison ahah.

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      3. ColombesMum dit :

        LChacun ses choix ou ses absences de choix! Donc en effet, pas de justification à avoir. Et d’être maman ne nous donne pas de statut particulier (ou ne devrait pas…). Certes il y a certaines choses que l’on comprend mieux car on les vit de l’intérieur mais à ce rythme personne ne pourrait ne parler de maladie, de décès, de souffrance…sans l’avoir expérimenté?! L’empathie et l’intelligence humaine rendent beaucoup de choses possibles! J’aime bien ton expression mi-relou mi-extraterrestre !! Tu as raison ahah.

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  5. Claire dit :

    C’est une question auquel il est difficile de répondre. Il faut trouver un juste milieu qui te convienne tout en laissant ton fils explorer le monde. Je ne pense pas qu’il y ai une réponse à cette question 🙂

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  6. Nanou dit :

    Je n’ai pas les réponses hélas mais les questions sont plus que pertinentes…

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  7. Quand ma soeur est née j’avais 16 ans. J’étais aux yeux de ma mère bien suffisamment grande pour m’en occuper. Et elle avait raison la plupart du temps. Mais j’ai développé une peur panique qu’il lui arrive qqch. Alors je l’ai sur protégée (au sens du toboggan pas au sens des embrouilles de famille) je savais que j’en faisais Trop, je me disais que je lui transmettais ma peur que j’allais en faire une chochotte. Et bien pas du tout, ma soeur a grandi, c’est une jeune femme épanouie et le seul travers qu’on lui ait transmis à priori (et ça me fait peur pour elle) c’est un besoin impératif d’être aimée. Car oui on peut trop aimer un enfant. Lorsque j’en aurais un j’essaierai d’être vigilente là dessus… 😘

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  8. Il n’y a pas de règles, mais toutes les familles ont leurs secrets et leurs problèmes cachés, sans exception. Et quand au cocon, tu pourras toujours être à 10cm du toboggan qu’il se fera mal tout de même, j’étais pareil et trop faire attention ça passe à travers quand même …! C’est pour ça que j’ai toujours de l’arnica dans le sac 😉

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  9. mamanpavlova dit :

    Aime le respecte le protège le et c’est bien tout ce qu’une maman peut donner à son enfant de beau

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  10. C’est un sujet très compliqué.
    Tes parents ont voulu te préserver pour que tu aies une belle enfance. Aujourd’hui tu leur en veux, mais cette belle enfance a fait de toi une personne forte avec une base solide.
    Tu as parfaitement le droit de faire un choix différent.
    Ma maman dit « tous les parents font des erreurs… mais ce ne sont jamais les mêmes erreurs que celles faites par leur parents. »
    C’est à la mort de mon grand père paternel que j’ai comprit que mon univers n’était pas du chamallow, j’avais 12 ans. Sa succession a duré 20 ans et m’a fait, devenue adulte, élaguer pas mal mon arbre généalogique (au point de refuser d’avoir/porter la chevalière familiale -je suis issue du même milieu que mamanBCBG 😉 ).
    Oui c’est triste, mais cela permet de savoir aussi ce que l’on veut ou pas.
    Par contre, les familles idéales existe, j’en connais une : quand mon homme m’a parlé pour la première fois de sa famille paternelle, il m’a dit « tu verras, ce sont des gens géniaux, on s’entend tous ».
    Je n’y croyais pas.
    Pourtant c’est vrai.
    Ils sont très différents les uns des autres, y’en a qui vote à gauche, à droite, au milieu. y’en a qui travaillent à la chaîne et d’autres qui dirigent des entreprises. Y’en a des pauvres et des riches quoi…
    Mais ce n’est pas important dans cette famille. Ce qui est important c’est : est ce que ta vie te correspond. Si non, comment peux t’on t’aider à ce qu’elle te corresponde ? Si oui, on est content de te voir heureux.
    Les discussions politiques sont super violentes, on s’engueule comme pas possible autour d’un verre ou plusieurs. Quand on regarde cela de l’extérieur, c’est flippant : on est persuadé qu’ils vont en venir aux mains !
    et puis, à la fin, tout le monde s’embrasse en riant : « on a passé un bon moment, on remet cela bientôt, OK ? »

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  11. Un très bel article, juste et touchant. Je me pose souvent ces questions aussi. On essaie de toujours faire au mieux, le mieux pour eux? Pour nous ? Laissons les dans leur bulle pour le moment, la vie saura se montrer telle qu’elle est un jour.

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  12. une mummy dit :

    Une question délicate que je me pose aussi, ayant aussi vécu au sein d’une famille bien abîmée. Sauf que j’ai été dans la position inverse: trop incluse. A même pas dix ans, je savais tout des embrouilles entre mes parents, je les suppliais même déjà de divorcer à l’âge de 8 ans… C’est dire. Et cet extrême opposé de ton expérience m’a également bien abîmée, je n’ai pas connu l’insouciance de l’enfance, la naïveté qui permet de se construire sereinement, d’avoir confiance en la vie qui peut être belle parfois. Je ne serais pas pour écarter l’enfant de tout mais surtout pas de l’inclure trop jeune. Je suppose que si ma fille me pose des questions, à un âge où elle peut comprendre certaines choses et prendre le recul nécessaire, j’y répondrai. Mais cela n’ira pas au-delà. Et, surtout, si elle ne cherche pas à savoir, je la laisserai tranquille dans la douceur enfantine.

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  13. Je suis comme toi je vivais dans le monde des bisounours petite et après je suis tombée de haut mais bon… c’est ça la vie et je la trouve belle malgré tout..
    Bisous

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  14. Je pense que le mieux c’est d’être SOI toujours 😊

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