Mes 15 conseils en matière d’allaitement (ça va être long)

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Par où commencer ? L’allaitement, je n’étais pas sûre de le pratiquer. J’avais l’impression que ça faisait un peu « vache » (désolée…), je pensais que je ne serai pas vraiment à l’aise, j’avais envie d’impliquer le papa à fond et je pensais que l’allaitement était un frein à ça.

Donc je m’étais un peu renseignée et documentée (mais sans doute pas assez…), et donc, quand on me posait la question, je répondais « que j’essaierai ». Lorsqu’après quelques heures, on m’a posé mon bébé sur moi, le bébé tétait « très très bien », et la tétée de bienvenue s’est bien passée. Les 1,5 jours aussi, puis ça a été l’horreur. Douleurs de crevasses insupportables (je pensais que ça n’arrivait qu’aux autres…), et montée de lait ultra-douloureuse…Bref, ma seule issue à été de tirer mon lait pour le lui donner. Et ça aussi, j’avais dit « jamais je ne tirerai mon lait… » Et en fait je n’ai jamais pu (ou plutôt bébé 😉 ) repasser au sein…J’ai mine de rien tenu quasiment jusqu’aux 6 mois. Mais les premiers mois (surtout les 2 premiers mois) ont été horribles. Je voulais arrêter tous les jours, c’était très contraignant, j’avais le double boulot : les contraintes de l’allaitement (mal aux seins, réveils en pleine nuit ou dès 5h00 et sueurs nocturnes, je ne pouvais pas boire, (même si je n’avais plus vraiment envie) tout le temps que m’a pris le tirage du lait), ET les contraintes des biberons (conserver le lait, le réchauffer, laver les biberons + tous les petits morceaux du tire-lait…, etc). Les points positifs ont été que le papa a bien pu participer (merci pour les nuits…) et que j’ai quand même donné quelques uns de mes anticorps.

En résumé j’ai quand même aimé faire tout ça mais ça a été très très contraignant et difficile. Et sans compter certaines remarques « tu l’allaites ? ah, uniquement au biberon, ah ce n’est pas pareil, « ça compte pas » —-« , et rajouté à cela une culpabilité immense… »Je n’ai pas réussi », « je n’ai jamais eu assez de lait », « c’est à cause de l’accouchement », « je n’aime pas assez mon bébé assez pour faire des efforts »…Enfin, c’est seulement au bout de quelques mois –j’aurais aimé qu’on me le dise plus tôt, à la maternité par exemple — qu’on a mis un doigt sur mes difficultés, en me disant que « cet élément », dans votre accouchement, et « celui-là aussi », font que vous avez eu un allaitement très difficile (peu de lait et beaucoup de fatigue 😀 ). Ah, merci, ça explique tout et me déculpabilise enfin…J’ai mis cependant énormément de temps à accepter « cet allaitement foiré »…

Et on rajoute à ce cocktail une fatigue immense, de l’accouchement ET de l’allaitement (que ceux qui me disent que « l’accouchement ne fatigue pas » sortent de la pièce, svp…), une quête perpétuelle de « comment booster sa lactation », à la recherche de la formule parfaite, une remise en cause perpétuelle « pourquoi je n’ai pas réussi »…en fait l’allaitement, pour moi, a commencé à marcher juste avant ma reprise du travail (et donc le sevrage  partiel, a fini d’achever mon allaitement car mon corps n’avait pas assez de stimulations pour continuer…). Nous ne sommes pas du tout égales face à l’allaitement..

J’ai donc pris consciente très tardivement que chaque allaitement est différent car chaque bébé, chaque accouchement est différent, mais voici mes petits conseils à moi-même et pour toutes celles qui en ont besoin.

L’allaitement (sauf cas rares??) se passe rarement sans difficultés. C’est « naturel » mais pas sans heurts, ni sans douleurs, ni sans « techniques nécessaires » !!! Les règles c’est naturel mais ça peut faire mal? Et bien dites-vous que l’allaitement c’est pareil 🙂

à faire EN AMONT, avant l’accouchement :

  1. Se documenter (un livre vous sera plus utile que des dizaines d’h
    eures passées sur internet…), se renseigner, participer à des réunPMI
    ions
    , aller à la PMI, prendre les coordonnées d’associations comme Solidarilait (un appel téléphonique, à la maternité, m’a sauvée), ou la Leache League. Pensez qu’à la maternité, vous n’aurez pas forcément internet, ni le temps de fouiller des sites web.
  2. S’équiper : crème de soin des crevasses de type lansinoh, coussinets d’allaitement, tire-lait, etc, par exemple ici (brindilles.fr) ou en pharmacie (ne pas hésiter à solliciter le personnel)
  3. Briefer son conjoint qui sera votre roc pendant la tempête et toutes les fois où vous voudrez arrêter 🙂 – Attention, in fine, cela reste votre corps et votre choix, mais il peut vraiment vous aider à passer des caps et à vous soutenir.
    amidesbebes
  4. Prendre contact avec une sage-femme (ou une doula, pourquoi pas), que vous verrez après la naissance et qui pourra vous conseiller à domicile.
  5. Votre hôpital est-il labellisé ami des bébés ? Si oui, vous serez beaucoup plus soutenue dans votre désir d’allaitement.

A faire après l’accouchement, PENDANT l’allaitement :

  1. Dès la première mise au sein (mais aussi les suivantes !!), solliciter le personnel médical pour savoir si le bébé tète bien, s’il est correctement positionné, etc. J’ai cru bien faire, et en regardant les photos, j’ai vu que mon bébé, les premiers jours, était mal positionné…
  2. A l’hôpital vous aurez des pro-allaitement et des pro-biberons. Tenez-en compte. Fuyez les « anti ». Ecoutez les conseils des pro-allaitement. C’est important et ça peut tout changer. Vous n’êtes pas obligée d’écouter et de dire oui à tout ce que l’on vous dit !!! (et vous allez en entendre des discours contradictoires, et ce n’est que le début ! C’est vous la Maman, vous écoutez, et ensuite c’est vous qui décidez !!). A la maternité on m’a dit qu’il fallait dégager le nez de bébé du sein…grosse *onnerie, le bébé sait respirer tout seul !…merci pour les crevasses !!
  3. Appeler vos copines qui ont allaité et demander leurs conseils, astuces, etc (le lait/colostrum est un cicatrisant naturel qui soigne les crevasses +++ en un rien de temps ; la feuille de choux au congélo soigne des engorgements. Il faut être accompagnée et conseillée !
  4. Ne pas céder à la pression médicale / de l’hôpital / de l’entourage « votre bébé ne prend pas assez – passez-le au biberon » (même en allaitement mixte !!! Votre bébé va s’habituer au débit rapide du biberon, au fait qu’il suffit de pincer la tétine pour que le lait coule, et se détournera très probablement du sein !!). Nous sommes une génération de femmes dont les mères n’ont PAS allaité, ou quasiment pas. Elles ne sauront pas vous accompagner. Entourez-vous de professionnels. L’allaitement n’a pas QUE des contraintes 🙂PMI
  5. Aller à la PMI pour faire peser votre bébé, avoir de précieux conseils, être écoutée et informée, et vous faire de supers copines 😀
  6. SE REPOSER ! Se focaliser sur l’allaitement. C’est votre bébé qui sait, qui « décide », et qui va faire marcher la machine. Faites-lui confiance. Il ne va pas devenir obèse. Faire des siestes en même temps que bébé. Les déclarations à la caf et sécu, le ménage, tout cela peut attendre. Les 2 premières semaines sont absolument cruciales et le premier mois est le plus difficile à passer. Ensuite c’est plus facile !! Solliciter une aide ménagère (aide via la CAF) si besoin / sinon Maman ou Belle-Maman peuvent vous aider !
  7. Ne pas « avoir honte » d’allaiter en public (même chez vous, devant vos proches…au risque de compromettre votre allaitement). Si vous n’êtes pas à l’aise, ne donnez pas de biberon, couvrez-vous ou changez de pièce. Briefer votre conjoint pour qu’il vous aide. Vous faites quelque chose de généreux et de génial ! Soyez-en fière.
  8. NE PAS CULPABILISER !!! Vous êtes normale !! L’allaitement c’est naturel mais ce n’est pas inné ! C’est un cocktail de vous, votre corps, votre accouchement, votre fatigue, votre bébé, sa physiologie, son caractère, etc. Si cet allaitement foire, le prochain pourra peut-être être génial (et d’ailleurs j’ai lu que pour une 2e grossesse, le corps avait la mémoire de l’allaitement et les allaitements étaient en général beaucoup plus facile – plus de lait). Il y a des animaux qui n’ont pas assez de lait, qui n’ont pas la fibre maternelle, et des animaux qui prennent le relais pour eux…Tisane Weleda
  9. S’informer sur les petits remèdes qui fonctionnent bien, et qui boostent la lactation par exemple, lors des pics de croissance ou de fatigue passagère : l’ovomaltine, les tisanes de type Weleda (efficace !), le fenouil, le galactogyl, etc.
  10. Se reposer, se changer les idées, et déstresser…dès que je partais en voyage, ma lactation revenait +++ . Prendre un bain avec bébé, faire du peau à peau, pratiquer le portage, mais aussi aller à un cours de yoga, aller voir ses copines, se changer un peu les idées. Le stress est l’ennemi numéro 1 de l’allaitement…

L’allaitement ça ne s’improvise pas !

Enfin…

et si malgré tout cela, vous n’y arrivez pas (trop de fatigue, pas assez de lait, bébé qui ne tète pas, bébé prématuré dont vous avez été séparée), ce n’est pas grave ! Vous avez sans doute été nourrie au biberon, êtes en pleine santé et vous portez très bien ! Donc pas d’inquiétude. Vous aimeriez donner le maximum à votre bébé ? Ne vous inquiétiez pas, très bientôt l’alimentation de votre bébé va se diversifier et vous allez pouvoir lui faire des centaines de petits-pots ultra-bons. Et dans un an, qui saura dire lequel de ces bébés a été allaité ou nourri au biberon ? Votre bébé ressent tout – il vaut mieux être une Maman zen au biberon qu’une Maman stressée au sein 😀

Vous avez des schémas en tête – et pour vous l’allaitement idéal, c’est (3 mois / 6 mois / 12 mois…), interrogez ces schémas – pourquoi êtes-vous exigeantes ? Peut-être qu’il faut puiser dans votre histoire personnelle, et ne pas tout rejouer là pour ce bébé tout nouveau qui n’a rien demandé. Il s’en fout, lui, il veut juste manger, dormir, et avoir des câlins ! (et une Maman heureuse)

***

Bon courage à toutes les futures mamans, bon courage à toutes celles qui connaissent des difficultés, et à bientôt, — si vous avez des conseils complémentaires, n’hésitez pas !

***

Pour en savoir plus :

Associations, organisations :

Blog, Sites :

(Crédit photo d’en-tête – Bonnie Kittle)

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9 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. maman2loulous dit :

    Super article déculpabilisant 😉 Après avoir vécu une belle expérience d’un an d’allaitement pour mon aîné, je souhaite bien sûr revivre pareil pour Numero Bis, même si c’est un peu plus compliqué pour les débuts … Je vais continuer de prendre des avis différents car on en entend tous les jours des nouvelles malheureusement et on ne sait plus quoi faire au juste ! Mais c’est vrai que la PMI et les réunions d’allaitement via SOLIDARILAIT sont des « valeurs sûres » pour nous aider 😉

    Aimé par 1 personne

    1. ColombesMum dit :

      oui, tout a fait! Pourquoi cet allaitement est-il different? bebe different? accouchement declenche ou cesarienne? la PMI et Solidarilait ont pour moi ete salutaire! Et puis les copines de blog!!

      Aimé par 1 personne

      1. maman2loulous dit :

        Un bébé différent qui tête moins efficacement, quine prend pas sans bout de sein pour l’instant … Je compte bien aller prendre des conseils à la PMI et à une réunion d’allaitement où j’étais allée plusieurs fois pour mon premier allaitement. Et je vais faire un article sur mon blog très bientôt, je te le signalerai si tu veux bien me donner ton « avis éclairé » …

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  2. MadameOurse dit :

    Il y en a pas bcp dis donc des hopitaux labellisés amis des bébés, en tout cas ça me surprend pas, ça va avec tous les échos négatifs du soutien à l’allaitement des 1ers jours de vie de nos bébés… Ca m’a assez choquée que les choses en France se passent dans ce sens avec à côté ce discours hyper culpabilisant à la mère qui n’allaite pas. Il y a BEAUCOUP de boulot pour arranger ça !

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    1. colombesmum dit :

      oui, très peu…et le soutien à l’allaitement à l’hôpital? quelle blague…Il faut en vouloir pour continuer (souvent seule…) ; du coup je n’ai pas vécu le discours culpabilisant mais je sais qu’il est présent. Ce qui me choque moi un peu, c’est qu’on a beaucoup de normes en France. Allaiter ok, mais alors au-delà de six mois…et c’est pareil pour tout, le portage, etc. Parfois c’est fatiguant 🙂 En France, on est vraiment les cancres de l’allaitement, merci les lobbies…

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      1. MadameOurse dit :

        Moi une fois le bébé démoulé je me suis sentie un peu lâchée dans la nature ! Ils ont stt été présents pour râler à ma demande de sortir plus tôt… Et en plus j’ai appris au bout de 3 jours sur place que si les menus sont trop légers on peut demander plus ! Et mère allaitante on a besoin de plus, c’est pas le légume vert plein d’eau qui va nous donner de l’énergie ni le bout de pain du matin…

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      2. colombesmum dit :

        Ah! Moi j’ai eu des infos contradictoires pendant tout mon séjour. Des ordonnances en double mais contradictoires, des infos contradictoires pour la déclaration de naissance, des infos contradictoires pour la sortie (vous sortez ce matin, dépêchez-vous! Puis, oh non vous sortez demain! Puis encore, mais non aujourd’hui). Je me croyais chez Alice et les fous 😀 – On n’est pas préparée au séjour à l’hôpital !!
        Bref, pour les repas je n’ai pas eu à me plaindre, j’ai même trouvé ça bon (!!), et c’était suffisant en quantité. C’est bon à savoir qu’on peut avoir plus…J’ai eu le coup pour les injections de Lovenox à 6h00 du mat (après être rentrée dans ma chambre à 02h00, avec un bébé tout neuf et *un peu* de fatigue), au bout de 2 jours j’en pouvais plus, j’ai demandé, on m’a dit ah bien sûr, on vous met à 09h30!!!! No comment 😀 En fait il faut demander, ce n’est pas (forcément) mal vu…

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